Canicule au bureau : peut-on légalement rester chez soi à fondre dans son canapé ?

40 degrés dehors, le bitume qui colle, le ventilateur qui souffle de l’air chaud… et votre cliente qui attend toujours le cahier de recette. Alors, une bonne fois pour toutes, on a le droit de rester chez soi, oui ou non ?

La mauvaise nouvelle d’abord

Le Code du travail ne fixe aucune température maximale au-delà de laquelle le travail s’arrête automatiquement. Pas de thermomètre magique, pas de seuil légal. En théorie, vous devez pointer même si votre open space ressemble à un hammam.

Mais il y a un mais

L’INRS (l’Institut national de recherche et de sécurité) recommande de ne pas effectuer de travail physique au-delà de 28°C, ni de travail sédentaire au-delà de 30°C. Et à partir de 33°C, tout le monde est concerné, peu importe votre activité. Le hic : ces recommandations n’ont pas force de loi. Elles ne sont pas contraignantes. Grosse ambiance.

Le droit de retrait : l’arme nucléaire

Il existe tout de même une option : le droit de retrait. Tout salarié peut quitter son poste ou refuser de s’y installer s’il estime être face à un danger grave et imminent pour sa santé. Absence d’eau, locaux non aérés, efforts physiques en plein cagnard sans protection… ça peut jouer.

Attention cependant : il faut prévenir l’employeur, et la notion de « danger grave et imminent » reste floue et appréciée au cas par cas. Mal utilisé, le droit de retrait peut valoir une sanction disciplinaire, voire un licenciement. Bref, c’est comme une petite bombe nucléaire : efficace mais à manier avec précaution.

Le télétravail ? Vous pouvez demander…

…mais l’employeur n’est pas obligé d’accepter. Même argument sur les transports bondés et surchauffés : le trajet n’étant pas du temps de travail, ça ne compte pas. Dur dur.

Ce que l’employeur DOIT faire, lui

Là par contre, les obligations sont bien réelles. Dès le déclenchement d’une vigilance jaune par Météo France (depuis juillet 2025), l’employeur doit agir : horaires adaptés, pauses renforcées, zones ombragées, équipements de protection… Et surtout, mettre à disposition au minimum 3 litres d’eau fraîche par jour et par salarié. Trois litres. C’est le minimum syndical, au sens propre comme au sens figuré.

En résumé

Non, la canicule ne vous donne pas automatiquement le droit de bosser en maillot depuis votre terrasse. Mais si votre employeur vous fait cuire sans eau ni ventilation, la loi est de votre côté. Pensez à garder un thermomètre 🌡️ et un avocat à portée de main.